Le 8 mai 1945, la guerre s’achevait en Europe.
Ce jour-là, après six années de nuit, la liberté recommençait à se faire entendre, plus forte que la peur.
La victoire n’était pas seulement militaire.
Elle était morale.
Elle était humaine, mais à quel prix ? 55 millions de morts dans le monde dont 600000 français.
Les Français, sous le joug de l’occupation avait commencé à retrouver l’espoir et redresser la tête le 6 juin 1944, en participant aux cotés de leurs alliés américains, anglais et canadiens au débarquement en Normandie, puis au débarquement en Provence le 15 aout.
Le 25 août 1944, Paris était libérée, le 23 novembre c’était au tour de Strasbourg.
Entre le 6 juin et la capitulation allemande, il aura fallu attendre de longs mois avant que l’Allemagne nazie soit vaincue.
Des mois de combats, des mois d’exactions. Parmi elles, celles de la division SS das Reich qui tenta de rayer de la carte le village d’Oradour sur Glane, village martyre dont les ruines témoignent de la barbarie nazie, 642 victimes dont 241 femmes et 200 enfants dont le plus jeune âgé de quelques mois, brûlés dans l’église du village.
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour nous souvenir.
Mais se souvenir ne suffit pas, ne suffit plus
Il faut comprendre.
Et surtout, transmettre.
La mémoire n’est pas l’affaire des seuls historiens,
Elle est l’affaire de tous
Elle est l’affaire de la République, vécue au quotidien.
La Seconde Guerre mondiale n’est pas un chapitre poussiéreux d’un manuel d’histoire.
C’est un avertissement gravé dans la chair de l’Europe.
Un avertissement contre la lâcheté, contre la résignation, contre l’illusion que l’on peut pactiser avec la haine sans en payer le prix.
La paix durable qui semblait acquise le 8 mai 1945 avec la défaite de l’Allemagne nazie, vacille, et nous voyons ressurgir des actes et des propos que nous pensions relégués aux heures sombres du nazisme
Les femmes et les hommes que nous honorons aujourd’hui n’étaient pas des héros nés.
C’étaient des citoyens ordinaires placés face à un choix extraordinaire.
Se taire ou résister.
Obéir ou désobéir.
Plier ou se lever.
Ils se sont levés.
Ils l’ont fait pour que la France reste la France, un pays libre, attachée et fière de ses valeurs
Pour que la liberté ne devienne pas un mot vide.
Pour que la dignité humaine ne soit pas négociable.
Ce qu’ils nous ont laissé n’est pas seulement une victoire.
C’est une responsabilité.
Car l’Histoire ne se répète jamais à l’identique.
Mais elle bégaie, souvent.
Et toujours lorsque l’on croit qu’elle ne peut plus revenir.
La paix, la démocratie, l’État de droit ne sont pas des acquis naturels.
Ce sont des constructions fragiles, l’actualité nous le rappelle tous les jours,
Elles tiennent par l’engagement des citoyens.
Elles tombent par l’indifférence.
En ce 8 mai, devant ce monument aux morts, souvenons nous de la volonté du Général de Gaulle de poursuivre le combat pour que la France retrouve son honneur et sa place parmi les nations victorieuses.
« Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle »
Mais nous prenons aussi un engagement.
Celui de rester vigilants.
Celui de refuser la banalisation de la violence.
Celui de transmettre à nos enfants non pas la peur du passé, mais la lucidité.
Commémorer, ce n’est pas regarder en arrière avec nostalgie.
C’est regarder devant soi avec courage.
À celles et ceux qui sont tombés, nous devons le respect.
À celles et ceux qui nous suivront, nous devons la vérité.
Vive la République.
Vive la France.