La chenille processionnaire

L’arrivée du printemps n’est pas que synonyme de douceur et de petites fleurs, elle est également le signal du réveil pour de nombreuses espèces d’insectes dont certaines, malheureusement, nuisibles.
C’est le cas de la chenille processionnaire du Pin dont vous avez sûrement déjà pu observer les nids soyeux tissés à la cime de certains conifères.

Un phénomène nouveau en Ile de France
Thaumetopoea pityocampa, c’est son nom, est une espèce historiquement endémique au sud de la Loire mais dont le territoire gagne progressivement la moitié Nord de la France à la faveur du réchauffement climatique.
L’espèce connaît des phases de pullulation de plusieurs années suivies de phases de régression. Il y a donc des « années à chenilles processionnaires » et des années où elles se font plus discrètes sans pour autant disparaître totalement.

Pourquoi cette chenille est-elle nuisible ?
Son caractère nuisible tient premièrement au fait que ses larves (les jeunes chenilles) se nourrissent des aiguilles de l’arbre au gré de leurs mues successives durant tout l’hiver et le printemps. On peut alors observer des tâches brunes ou jaunes sur les touffes d’aiguilles colonisées. Un arbre dont l’environnement est favorable est parfaitement capable de résister à ces attaques mais un sujet affaibli subissant l’action répétée des chenilles pendant plusieurs années pourra dépérir.

Par ailleurs, les chenilles portent sur leur dos des poils particulièrement urticants et allergisants, facilement emportés par le vent. Leur contact avec la peau ou les yeux, leur inhalation ou leur ingestion provoquent au mieux des éruptions, démangeaisons et éternuements et au pire des difficultés respiratoires et des vomissements. Comme toute substance allergisante, les symptômes peuvent s’aggraver à chaque exposition. Les animaux de compagnie y sont autant, voire encore plus, sensibles que leur maître.

Que faire ?
Lutter contre cette espèce suppose de bien connaître son cycle biologique afin d’agir par les bons moyens au bon moment.
Les chenilles sont en fait les larves d’un papillon de nuit dont la vie dure quelques jours en juillet-août et se termine par la ponte de ses œufs sur les aiguilles d’un malheureux conifère.

Avant de devenir papillon, les larves doivent gagner le sol pour s’y enfouir, y tisser leur cocon et passer à l’état de nymphe. Cet état de dormance pourra durer quelques mois, 1 an, 2 ans ou 3 ans… si les conditions, notamment de température, ne sont pas favorables à la fin du printemps. Au moment de gagner le sol, les chenilles descendent le long du tronc de l’arbre les unes derrière les autres en formant une procession caractéristique (procession de nymphose).

Les moyens de lutte ne manquent pas mais il n’existe aucune solution miracle. Certains peuvent être mis en œuvre par les particuliers, d’autres doivent être réservés à des professionnels :

QuandMoyenAvantagesInconvénients
Automne-HiverTaille et destruction des branches infestées.EcologiqueEconomique sauf grands arbresNids peu visibles en automne et très urticants en fin d’hiver.Difficile sur de grands arbres àà réserver aux professionnels
Tout l’étéPiégeage de papillons (phéromones)EcologiquePas suffisant si beaucoup d’individus dans les environs.
Toute l’annéeNichoirs à mésanges (lutte biologique)EcologiqueEconomiqueEfficace à long terme et couplé à d’autres moyens
PrintempsPiégeage des processionsEcologiqueEconomiqueLe piège doit être fixé dès le milieu de l’hiver (processions précoces)
AutomnePulvérisation de bacillus thuringensis (bactérie toxique pour les lépidoptères)Moins nocif que les traitements chimiquesMortel pour d’autres espèces de chenilles.L’application doit intervenir à un moment très précis du cycle biologique.A réserver aux professionnels
HiverTraitement insecticide chimiqueAgit par ingestion ou simple contact…Non sélectif, extrêmement nocif pour les insectes et la vie du sol.OnéreuxA réserver aux professionnelsA éviter

La meilleure stratégie semble être de multiplier les moyens d’actions et nous vous encourageons à privilégier les plus écologiques. Par exemple la pose de pièges à processions associée à des nichoirs à mésanges et à la taille et destruction des nids accessibles.

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